« Peut-on désirer sans souffrir ? », « Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même ? », « Y a-t-il d’autres moyens que la démonstration pour établir une vérité ? » Avouons-le : il y a des moments où l’on est heureux d’avoir passé le bac ! Il suffit de lire les sujets de philosophie soumis aux lycéens pour l’admettre. Plus de 600 000 élèves essaieront de décrocher leur précieux bachot cette année. Ils auront un peu plus de 8 chances sur dix d’y parvenir du premier coup, 9 sur dix s’ils redoublent. Le bac est-il bradé ? Non, répond le ministère, qui souligne que tous les ados nés la même année ne l’ont pas (les deux tiers seulement d’une classe d’âge sont bacheliers). Oui, répond Jean-Robert Pitte, l’ancien président de la Sorbonne, qui a corrigé pendant trente-quatre ans des copies d’étudiants de première année : « Ils ne savent pas ordonner leurs connaissances, l’expression est confuse, la langue n’est pas maîtrisée, la pensée pas structurée, dit-il dans Valeurs actuelles (version papier). Chacun sait qu’en-dessous de 14 de moyenne (la mention bien), le bac ne vaut plus grand-chose ». Ce que confirment bon nombre d’enseignants sous le sceau du secret : professeur dans l’Oise, Nathalie estime à « 25%, peut-être 30%, le taux de réussite au bac si l’on n’appliquait pas les consignes » de l’Éducation nationale, c’est-à-dire si l’on ne relevait pas les notes des élèves « passables »… Alors, le bac, une grande braderie ? Pas sûr, en tous cas, que j’aurais la moyenne en philo… si l’on ne relevait pas ma note !

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