Une voix
Le 22/07/08, par Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint Culture | Gouvernement
Manquer le but de peu, c’est toujours rageant. On comprend que le PS digère mal d’avoir raté cette occasion de faire trébucher l’hyperprésident Sarkozy. D’où ces déclarations comme quoi une réforme adoptée à une voix près ne serait pas vraiment légitime. Juridiquement absurde, pratiquement difficile à manier (à partir de combien de voix un vote devient-il indiscutable ? deux ? trois ? dix ?), l’argument pourrait toutefois ouvrir des perspectives intéressantes. Sur cette base, on devrait en effet remettre en cause l’établissement de la République en France, intervenu subrepticement, le 30 janvier 1875, par l’adoption d’un simple amendement, à une voix de majorité (sans parler de la condamnation à mort de Louis XVI, sur laquelle il paraît hélas impossible de revenir, quoiqu’elle fut obtenue là aussi par la voix d’un traître à son camp, en la personne de Philippe Egalité, propre cousin du roi). Si l’on suit M. Dray et ses camarades, il conviendrait de remettre en jeu le choix entre République et monarchie, jusqu’à ce que l’on obtienne une majorité incontestable sur le sujet. Ce qui, pour le coup, nous ferait un débat sur la réforme institutionnelle un peu plus haut de gamme que la grave question de savoir si le Président de la République a le droit de venir discourir devant les Chambres, ou s’il doit se contenter d’y déléguer son Premier ministre. Pour le coup, voilà qui serait de la rupture, et de la vraie !
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