« Sarkozy sans opposition ? », interroge Eric Branca dans Valeurs actuelles de cette semaine. D’un point de vue tactique ou organisationnel, l’opposition n’est en effet guère à la fête ces temps-ci : morcelée, inaudible, empêtrée dans ses contradictions internes, achetée en partie à coups de missions et de faveurs diverses… Pourquoi, alors qu’elle est si affaiblie, faut-il donc que la majorité continue à faire tant de concessions à ses idées et à ses fausses valeurs ? De subtils stratèges objecteront que c’est justement la reprise par la droite de ses arguments qui, coupant l’herbe sous le pied de la gauche, la réduit à néant… Mais où est l’intérêt ? A quoi sert de ratiboiser l’opposition si c’est pour lui céder sur le fond (si ce n’est de se maintenir au pouvoir, préoccupation dont on n’ose croire qu’elle soit la seule motivation de nos chers gouvernants…) ? De cette servitude volontaire de la droite, on a un exemple sur le terrain économique, avec le financement du RSA par une taxation supplémentaire de l’épargne qui, David Victoroff le notait ici même, vise à se faire pardonner le « cadeau fait aux riches » qu’aurait constitué le bouclier fiscal. Mais on pourrait en trouver des exemples dans tous les domaines, de l’éducation – avec les consternantes déclarations de Xavier Darcos voyant dans la « lutte contre l’homophobie » un « enjeu essentiel » de l’école – à la politique familiale – ou plutôt à son absence – en passant par la culture, où la rupture est à ce jour rigoureusement invisible, même aux microscopes les plus subtils. L’opposition n’est peut-être plus dans les assemblées ou dans les rues, mais elle est encore solidement nichée dans les cerveaux des princes qui nous gouvernent.

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