De la palinophobie à la palinomania
Le 10/09/08, par Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint Culture | International
Le métier de journaliste, toujours difficile, n’est pas exempt de réels dangers. Comme celui d’être obligé de se déjuger d’une semaine à l’autre. C’est ainsi qu’en quelques jours, la plupart des grands médias français ont été contraints par la réalité à changer leur fusil d’épaule à propos de Sarah Palin, la colistière surprise de John McCain. En une semaine, celle qui n’était qu’une bombe à retardement, une catastrophique erreur de casting qui allait « dévorer » le candidat républicain, une moraliste hypocrite condamnée à faire fuir en masse l’électorat féminin vers Obama, est devenue le meilleur atout de McCain, un joker imparable et un coup de génie prouvant le sens politique exceptionnel des républicains. C’est qu’entretemps, les premiers sondages sont tombés qui ont rappelé que l’Amérique profonde ne partageait en rien les préjugés des élites médiatiques – et surtout pas des élites européennes – et montré que les fans d’Hillary Clinton elles-mêmes s’étaient laissé séduire par le mélange de valeurs morales et de faillibilité humaine incarnée par la famille du gouverneur de l’Alaska. On ne sait si le tandem McCain-Palin remportera la victoire finale, ni même si c’est souhaitable. Ce qui est sûr, c’est qu’il a d’ores et déjà donné un bon coup de pied au derrière de tous les perroquets de la pensée unique, et de tous les moralistes au petit pied qui confondent leurs préjugés idéologiques avec la réalité des faits.
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