C’est reparti ! L’Etat crée son fonds souverain, le fonds stratégique d’investissement chargé de protéger « les intérêts souverains de la France » mais aussi d’agir « en investisseur avisé » pour investir dans des PME de croissance , des entreprises moyennes d’avenir, des grandes entreprises cotées. C’est la Caisse des dépôts qui en détiendra la majorité et l’Etat 49%. Ce sera, en quelque sorte, un Wendel public. L’idée de défendre nos intérêts est en soi séduisante. Mais l’Etat est-il le mieux placé pour agir en investisseur avisé, détecter à l’avance les secteurs d’avenir, déterminer les bonnes stratégies industrielles ? Et comment concilier l’intervention de l’Etat au capital de sociétés privées avec les règles européennes garantissant une concurrence équitable entre les entreprises privées ? Ne risque-t-on pas de voir prévaloir les copinages politiques plutôt que l’intérêt économique dans les choix qui seront faits ? Le fonds sera financé à hauteur de 6 milliards d’euros par de l’argent emprunté sur les marchés qui viendront s’ajouter à une dette déjà colossale et par l’apport de participations dans les entreprises déjà détenues par la Caisse des dépôts et l’Etat. Cette nouvelle marque le retour en force de l’économie mixte dont la France a pourtant beaucoup souffert jusqu’au milieu des années 1990.

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