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Niches fiscales

Niches : tour malicieux destiné à taquiner. Faire des niches. Telle est la définition du Robert. C’est sans doute ce qu’ont voulu faire les parlementaires de la majorité aux Français en proposant de plafonner les niches fiscales qu’ils ont pourtant eux-même votées. L’argument est étrange : puisque le gouvernement a décidé de prélever 1,1% des revenus du capital pour financer le RSA, prélèvement que nous désapprouvons, nous allons, en plus, lui demander de plafonner les niches fiscales, autrement dit, d’en rajouter une couche en matière de prélèvements obligatoires. Si vraiment la droite n’approuvait pas le prélèvement RSA, il lui eut été facile, puisqu’elle est majoritaire au Parlement, de refuser de le voter. Mais non ! Elle le votera comme un seul homme et, en plus, rabotera les maigres allègements qu’elle avait consentis aux particuliers. Lesquels ? La déduction des intérêts d’emprunts qu’elle a votée l’an dernier où l’exonération de l’ISF des sommes investies dans des PME ? En vérité, ce qui déplait à l’UMP, ce n’est pas tant le prélèvement supplémentaire décidé par le gouvernement mais que ce ne soit pas elle qui y ait pensé en premier. On comprend que les socialistes soient à la dérive. En matière de prélèvement et de démagogie ils sont complètement hors course.

Les cocos en ont rêvé, Sarko l’a fait !

On reste pantois ! Après avoir flatté la France qui travaille et se lève tôt, voilà que Nicolas Sarkozy s’en prend à son épargne. Tout cela pour financer une mesure dont il y a tout lieu de craindre qu’elle se révèle aussi vaine que le RMI et la prime pour l’emploi pour lutter contre la pauvreté. Il veut se faire pardonner ses 15 milliards soi-disant pour les riches de la loi Tepa, en réalité des heures sup pour les gens modestes et l’exonération des petits héritages. Il frappe « le capital ». Les cocos en ont rêvé, Sarko l’a fait ! Mais les milliardaires ne seront guère touchés par le 1,1%. Ils sont déjà partis à l’étranger ou au plafond du bouclier fiscal. En revanche les classes moyennes qui épargnent pour leur retraite, prennent des risques en Bourse ou dans l’immobilier seront frappées de plein fouet. Mais où est donc passé la rupture ?

Projet Dati sur les prisons : même la gauche n’avait pas osé !

J’avoue avoir été stupéfait par le projet de loi pénitentiaire de Rachida Dati, consistant à développer « une prison hors les murs ». Bref, une prison chez soi, peinard, au milieu des siens, quand tant d’autres (honnêtes gens) sont contraints de se lever aux aurores pour aller travailler dur… En dessous d’une condamnation à deux ans de prison, il n’y aura plus, ou presque, d’incarcération ! C’est un renversement de total de valeur : la notion de punition (en l’occurrence la privation de liberté) a disparu au profit du seul objectif de réinsertion (pour le délinquant, pas pour la victime…). Dati précise dans « Le Monde » que son projet se justifie aussi par la « surpopulation carcérale » (alors que la France ne compte que 103 détenus pour 100 000 habitants, contre 145 sur 100 000 en Espagne socialiste). Au lieu de construire des prisons, la France libère ses prisonniers : même la gauche n’avait pas osé !

Une voix

Manquer le but de peu, c’est toujours rageant. On comprend que le PS digère mal d’avoir raté cette occasion de faire trébucher l’hyperprésident Sarkozy. D’où ces déclarations comme quoi une réforme adoptée à une voix près ne serait pas vraiment légitime. Juridiquement absurde, pratiquement difficile à manier (à partir de combien de voix un vote devient-il indiscutable ? deux ? trois ? dix ?), l’argument pourrait toutefois ouvrir des perspectives intéressantes. Sur cette base, on devrait en effet remettre en cause l’établissement de la République en France, intervenu subrepticement, le 30 janvier 1875, par l’adoption d’un simple amendement, à une voix de majorité (sans parler de la condamnation à mort de Louis XVI, sur laquelle il paraît hélas impossible de revenir, quoiqu’elle fut obtenue là aussi par la voix d’un traître à son camp, en la personne de Philippe Egalité, propre cousin du roi). Si l’on suit M. Dray et ses camarades, il conviendrait de remettre en jeu le choix entre République et monarchie, jusqu’à ce que l’on obtienne une majorité incontestable sur le sujet. Ce qui, pour le coup, nous ferait un débat sur la réforme institutionnelle un peu plus haut de gamme que la grave question de savoir si le Président de la République a le droit de venir discourir devant les Chambres, ou s’il doit se contenter d’y déléguer son Premier ministre. Pour le coup, voilà qui serait de la rupture, et de la vraie !

Le « Parlons Vrai » et le « N’importe quoi »

Allons-bon…Ségolène Royal s’étonne maintenant de l’étrange concomitance entre son cambriolage et ses déclarations sur « la mainmise du clan Sarkozy sur la France »... Et de poursuivre sur les ondes de RTL : « Soit je suis écoutée, soit je suis suivie depuis mon lieu de travail jusqu'à mon domicile, c'est une évidence »… Mais que cherche donc la tenante du « Parlons vrai » et de la « vraie force d’opposition constructive » ? A s’affirmer comme la seule opposante du Parti Socialiste à Sarkozy ? Reconnaissons tout de même ses efforts : à défaut d’être crédible (si elle a des preuves des affirmations qu’elle avance, qu’elle les montre !), elle est au moins audible… A continuer dans la surenchère et l’« opposition constructive », elle pourrait bien tenter de nous faire croire que l’iceberg qui a coulé le Titanic provenait d’un bac à glaçons trouvé au fond d’un vieux frigo de l’UMP...

Peur du peuple ?

A l’heure où j’écris ce blog, ne sont pas encore connus les résultats du référendum organisé en Irlande sur le traité de Lisbonne. Le non, semble-t-il, devrait l’emporter. Si tel devait être le cas, je ne serai pas outré, loin de là. Car ce qui me scandalise le plus, n’est pas le résultat sorti des urnes, quel qu’il soit, c’est que ces urnes, on ne les ait sorti nulle part ailleurs ! Ni en France, ni dans aucun autre des 27 pays de l’UE. Comme si les « élites » considéraient que les peuples, pourtant les premiers concernés par leur avenir, n’avaient pas le droit de s’exprimer. Par peur de celui-ci ? Ce n’est pas un référendum qu’il fallait organiser, mais vingt-sept.

Offensive fiscale (suite)

Après l’attaque contre les niches, ressurgit le projet d’une taxe sur le carbone. Nicolas Hulot, qui a fait de la défense de l’environnement son fonds de commerce, en est le promoteur. Jean-Louis Borloo, en tant que ministre de l’environnement, l’étudie. Tous les partisans du tout Etat se réjouiront du dispositif envisagé qui consisterait à prélever un taxe en fonction de la consommation de chacun, pour redistribuer à tous une prime. On imagine l’usine à gaz qui pourrait gérer cette éco taxe avec une armée de percepteurs, de contrôleurs et de vérificateurs. Ils se paieraient sur la perception de ce nouvel impôt. Au passage, l’Etat pourrait prélever de quoi financer des missions au pole nord et sud pour surveiller la calotte glacière, organiser des congrès à Paris sur la purification de l’air ou à Canne sur la préservation des écosystèmes en Méditerranée. Les ONG, toujours si critiques à l’encontre des Etats bourgeois défenseurs de l’ordre capitaliste, pourraient se voir attribuer une partie de la taxe pour financer leur noble combat pour sauver la planète. Quant à Jean-Louis Borloo, après avoir sauvé Valenciennes grâce à Toyota, il pourra justifier son ministère en taxant les quatre-quatre au moment où Renault lance le sien.

Le plomb et le fusible

La réforme constitutionnelle n’est pas encore adoptée (si tant est qu’elle le soit un jour, vu la fronde qu’elle soulève même à droite), qu’on constate déjà, dans les faits, à quoi mène la présidentialisation du régime façon Sarkozy: la mise en cause de l’autorité présidentielle au moindre accident de parcours parlementaire. Le cafouillage sur les OGM est typique de cette évolution : en d’autres temps, c’est Matignon qui aurait géré, en direct, le vote du texte. Et le premier ministre qui, le cas échéant, aurait été jugé responsable de l’absentéisme des députés de la majorité. Ce n’est pas pour rien qu’au début de la V° République, on comparait le premier ministre à un « fusible », en un temps, où, justement, le passage au 220 volts rendait obsolètes et même dangereux, les plombs utilisés avec le 110. Si l’on a généralisé les fusibles en électricité, c’est parce qu’ils protégent mieux une installation électrique que les plombs d’autrefois qui, en cas de surtension, pouvaient créer des incendies. Aujourd’hui, le fusible de Matignon a été mis hors circuit : et c’est à l’Elysée que les plombs sautent. Le président voulait être tout à la fois : chef de l’Etat, chef de la majorité, chef de l’UMP (qui, fait révélateur, compte encore un vice-président, mais plus de président), et pourquoi pas ministre - le 13 mai, encore, c’est lui, et non Christine Lagarde, qui planchait devant les ouvriers de Yoplait sur la loi de modernisation de l’économie… Résultat des courses : la confusion et partout et l’autorité nulle part. Quant au prestige du chef, dont de Gaulle disait qu’il ne pouvait se concevoir sans distance, et même sans un certain mystère, qui aurait la cruauté d’en chercher la trace ?

Vivent les économies !

Peut-on encore parler de rigueur quand un avion du gouvernement fait la navette entre Paris et la jungle colombienne dans l’attente d’une passagère, Ingrid Betancourt, qui ne vient jamais ? Comment, après cela, reprocher à Christian Estrosi d’utiliser un avion privé pour se rendre à Washington ? Lui, au moins, avait une bonne raison, boire une coupe de champagne avec le président. On pourrait, avant de renvoyer notre avion dans la jungle, utiliser le moyen préconisé par Nicolas Sarkozy pour éviter de déplacer les détenus : organiser une télé conférence avec les Farc pour être tout à fait sûr qu’ils permettront à leur prisonnière illustre d’être à l’heure pour ne pas rater l’avion. Pendant que François Fillon dépense son énergie à éviter que sa secrétaire d’Etat à l’environnement ne soit écharpée par sa majorité pour avoir injurié un ministre et un député, Zapatero lui, travaille. Il va, comme nous l’avions déjà annoncé, supprimer l’ISF au-delà des Pyrénées. Et tout le monde est d’accord. Que d’énergies gaspillées d’un côté, que d’économies de l’autre.

« A quoi sert L’UMP ? A rien ! »

Pas un rendez-vous avec un élu UMP où celui-ci ne vous alerte (sous le sceau de la confidence) : les adhérents UMP rechignent à se réinscrire. Une perte qui pourrait, selon certains, atteindre 80 000 cartes ! Quand on demande : « Pourquoi ? » la réponse est toujours la même : parce que le parti majoritaire donne l’impression de ne plus servir à rien. Absence d’un vrai chef et de lisibilité ont fait des ravages. Craignant que l’UMP (sur lequel il s’était appuyé pour guerroyer contre Chirac et Villepin) ne puisse, un jour, servir les ambitions d’un autre, Sarkozy, comme le résume crûment un député, en a fait un « parti eunuque » : plus de président, mais une addition de secrétaires généraux, de vice-présidents, de délégués généraux et adjoints, tous le petit doigt sur la couture du pantalon ; plus de ligne, de cap, mais un parti devenu exclusivement suiviste, contraint d’applaudir les ministres socialistes de son gouvernement… L’UMP aurait pu - aurait du - être l’aiguillon de l’action présidentielle – réclamer plus de réformes, et plus vite, critiquer, le cas échéant, le choix de certaines têtes de listes imposés par l’Elysée, voire la dérive people du chef de l’Etat, qui a fait battre la droite aux municipale -, mais de cela, rien ! Je suis sûr qu’il est parmi vous des militants UMP, j’aimerai connaître votre avis. Celui des autres aussi, d’ailleurs…

Requiem pour une ouverture défunte

Ce devait être l’arme absolue, l’engin de destruction massive qui devait réduire l’opposition à néant. Troublé, divisé, l’herbe fraîchement coupée sous son pied flageolant, privé d’arguments, de ses ténors (Kouchner au quai d’Orsay, DSK à Washington), de ses penseurs (Attali au rapport) et de ses commères (Benhamou au cabinet), le Parti socialiste, et derrière lui la gauche tout entière, allait être condamné à la zizanie et au silence. Résultat : neuf mois plus tard, l’ouverture accouche d’une magistrale claque électorale, le PS est la principale force politique municipale et départementale, la LCR continue sa montée en puissance, et il n’y a pas jusqu’au PCF qui ne retrouve ses couleurs, le rouge lui étant redescendu du front jusqu’aux joues. Pourtant, au lendemain de ce brillant succès stratégique, l’ouverture à gauche n’a été corrigée par aucune ouverture à droite, Kouchner continue de faire entendre son son de cloche libertaire et humanitariste, et Fadela Amara de “débloquer à donf”… Jusqu’à quand ?

« Trop à droite », comme il dit…

« Nationalisation partielle ou totale des biens de production », « interdiction des licenciements », « réquisition des logements non occupés (même) provisoirement », « régularisation de tous les sans-papiers » : ces propositions sont issues du programme de Lutte Ouvrière, qui, pour la première fois, faisait liste commune avec le PS dans près d’une trentaine de villes aux municipales. Personne, à droite, n’a protesté. Et Jean-Pierre Raffarin, lui, est allé jusqu’à dénoncer la campagne « trop à droite » de l’UMP. Il faut se pincer… Quand donc la droite finira-t-elle d’avoir peur de son ombre ? Et, pour toute nourriture idéologique, de manger son chapeau ?

Droite : ceux qui perdront doivent laisser leur place

En privé, il n’y a pas un élu UMP qui ne prévoit une défaite les 9 et 16 mars. Mais qui se pose la question de l’après ? Prenons l’exemple de Paris, caricature des errements de la droite : doit-on, comme c’est le cas depuis 2001, continuer avec les mêmes et tout recommencer ? Panafieu, Lellouche, Goujon, Goasguen, ça suffit ! S’ils n’ont pas été capable de redresser la droite au cours des sept dernière années, pourquoi continuer de leur confier les responsabilités pour les six prochaines ? Pour espérer rebondir, l’UMP parisienne doit faire sa mue. C'est-à-dire nommer à la tête du groupe UMP au conseil de Paris un nouveau venu, n’ayant jamais trempé dans les guerres de clan et, si possible, candidat dans un arrondissement de gauche. Qu’importe qu’ils soient inconnus du grand public – Délanoë l’était en 2001 -, les prochain responsables locaux de la droite ne devront pas se contenter de prôner la rupture, ils devront l’incarner.

Conversion

« Tous derrière Laurence Parisot » nous dit Michel Rocard, dans Le Monde de jeudi. Et d’expliquer que sans éthique forte, il n’y a pas de capitalisme. Il s’inquiète de voir le capitalisme succomber à l’immoralité. On comprend le dépit de notre ancien premier ministre socialiste et ancien pilier du PSU : à chaque fois qu’il se converti à un système, celui-ci s’effondre. Michel Rocard fut un partisan inconditionnel de l’autogestion et du modèle de la Yougoslavie dont on connaît les succès économiques et démocratiques. Le communisme de Tito et l’Etat multinational étaient couverts de louange par Michel Rocard. Quel dommage que les Croates, les Serbes, les Bosniaques, les Macédoniens et les Kossovars n’aient pas été capables d’apprécier les délices de l’autogestion ! Aujourd’hui, ce sont les mérites du capitalisme éthique que défend Michel Rocard et qu’il situe du côté du Medef. Laurence Parisot devrait s’en inquiéter.

Au secours, la gauche revient !

Regardé, hier soir, à la télévision, l’émission d’Arlette Chabot. Moscovici, par ailleurs brillant, ne cachait pas son optimisme pour les municipales. « Ca se présente bien… », a-t-il répondu, large sourire aux lèvres. Tous ses collègues étant à l’unisson. Ce n’est pas injuste pour la droite qui semble avoir tout fait, ces derniers temps, pour arriver à ce résultat : Kadhafi, hausse des prix, Bruni, Neuilly... Mais c’est aussi et surtout inespéré pour la gauche : voilà un parti en capilotade, sans chef et sans idée, qui se voit offrir une victoire électorale qu’elle ne méritait en rien sur un plateau d’argent. L’idée de voir tous ces caciques socialistes, communistes et Verts hilares sur les plateaux télés, les 9 et 16 mars prochains : voilà, peut-être, de quoi remobiliser les électeurs de droite. Mais celle-ci le mérite-t-elle beaucoup plus que la gauche ?

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