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De la palinophobie à la palinomania

Le métier de journaliste, toujours difficile, n’est pas exempt de réels dangers. Comme celui d’être obligé de se déjuger d’une semaine à l’autre. C’est ainsi qu’en quelques jours, la plupart des grands médias français ont été contraints par la réalité à changer leur fusil d’épaule à propos de Sarah Palin, la colistière surprise de John McCain. En une semaine, celle qui n’était qu’une bombe à retardement, une catastrophique erreur de casting qui allait « dévorer » le candidat républicain, une moraliste hypocrite condamnée à faire fuir en masse l’électorat féminin vers Obama, est devenue le meilleur atout de McCain, un joker imparable et un coup de génie prouvant le sens politique exceptionnel des républicains. C’est qu’entretemps, les premiers sondages sont tombés qui ont rappelé que l’Amérique profonde ne partageait en rien les préjugés des élites médiatiques – et surtout pas des élites européennes – et montré que les fans d’Hillary Clinton elles-mêmes s’étaient laissé séduire par le mélange de valeurs morales et de faillibilité humaine incarnée par la famille du gouverneur de l’Alaska. On ne sait si le tandem McCain-Palin remportera la victoire finale, ni même si c’est souhaitable. Ce qui est sûr, c’est qu’il a d’ores et déjà donné un bon coup de pied au derrière de tous les perroquets de la pensée unique, et de tous les moralistes au petit pied qui confondent leurs préjugés idéologiques avec la réalité des faits.

La victoire de la manière forte !

George Bush a raison : le président colombien Uribe est un « homme fort ». C’est à lui, et à sa stratégie que l’on doit la libération d’Ingrid Betancourt (ce qu’elle-même a reconnu). Seul contre tous, ou presque, Uribe a refusé, dès le départ, toute compromission avec les terroristes communistes et narco-trafiquants des FARC.
J’ai regretté, pour ma part, que Nicolas Sarkozy se soit adressé à deux reprises, et solennellement, à leur chef en l’appelant « Monsieur Marulenda » - on n’appelle pas « Monsieur » un homme qui kidnappe, torture et tue (Marulenda n’a d’ailleurs même pas pris le peine de lui répondre !).
Uribe a agi, mieux qu’en « homme fort », en chef d’Etat responsable, indifférent à une opinion publique poussant, par sentimentalisme et ignorance des enjeux, au « dialogue » avec les terroristes (dont on apprend aujourd’hui qu’ils étaient aidés par Hugo Chavez, reçu en grande pompe à l’Elysée !). Uribe a pris un risque considérable : pour Ingrid, sûrement, mais aussi pour lui-même : combien il lui aurait été plus facile de « tendre la main », lui aussi ; que n’aurait-on dit si l’opération commando – magnifique ! – de ses troupes avaient échoué ? Mais il a tenu bon. Et il a gagné.
Au-delà du cas d’Ingrid Betancourt – symbole, par ailleurs, avec sa famille, d’un infini courage et d’une foi ardente – sa détermination à toute épreuve doit servir d’exemple à l’ensemble des gouvernants. Y compris en France…

Ces messieurs se déchaînent…

Les deux indésirables du sommet de Rome sur la faim dans le monde, l’Iranien Ahmaninedjad et le dictateur du Zimbabwe, Robert Mugabe, « se déchaînent, nous dit-on, contre l’Occident ». Pas étonnant !

D’où vient la flambée des prix alimentaires ? De celle du pétrole. Les prix du brut ont quintuplé en cinq ans. Les producteurs de pétrole ont donc quintuplé leurs recettes ! Or les pays frappés par la crise alimentaire ont un besoin urgent d’investissements massifs dans l’agriculture et les cultures vivrières. Les producteurs de pétrole qui profitent de leur enrichissement sans cause pourraient bien prendre une part de la solidarité avec les victimes de leur hausse des prix.

Mais voyez l’Iran, le deuxième producteur du Golfe : Ahmaninedjad préfère consacrer son argent à ses recherches atomiques ! Quant au Zimbabwe, c’était il y a trente ans, un grenier à céréales. En s’installant au pouvoir, Mugabe a collectivisé les terres du pays pour en expulser les fermiers européens. Du coup il a ravagé son agriculture et répandu la famine.

Voilà où sont les responsables et les vrais coupables ! Il y a de l’argent chez les producteurs de pétrole, comme il y a des affameurs à la tête de pays sous-alimentés. On comprend que ceux qui se sentent visés « se déchaînent ».

Les chrétiens d’Irak, martyrs de la politique américaine

Il y a des victimes plus médiatiques que d’autres. Ramenée à l’aune, par exemple, de la captivité d’Ingrid Betancourt, le martyre de l’archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Faraj Rahho, retrouvé mort jeudi dernier deux semaines après son enlèvement, n’a pas beaucoup captivé les médias ni suscité la mobilisation des pleureuses médiatiques. Pourtant, au-delà du sacrifice de ce prélat qui se savait menacé mais avait toujours refusé l’exil pour ne pas déserter ses fidèles et « résister au terrorisme et à la violence », ce sont toutes les communautés chrétiennes d’Irak qui, jour après jour, montent au Calvaire. Multiplications des enlèvements – une vingtaine de prêtres au cours des cinq dernières années –, menaces de mort, racket, attentats contre les églises et les fidèles… Ceux-ci auraient d’ailleurs vu leurs effectifs réduits de plus de moitié, du fait d’un exil massif, d’un million à 400 000. Ce martyre des chrétiens d’Irak est d’ailleurs, avec la naissance d’un terrorisme islamique dans un pays où il était auparavant inconnu, le seul résultat tangible de l’intervention américaine. Originaire de Mossoul, l’évêque des chaldéens du Michigan, Mgr Ibrahim N. Ibrahim, ne fait pas un autre constat : « Nous savons bien qu’avant l’invasion de l’Irak par les Américains le terrorisme n’existait pas. Les chrétiens et les musulmans vivaient ensemble comme frères et sœurs, mais depuis l’invasion tout a changé. Quelqu’un doit assumer cette responsabilité. Dès lors que les Américains occupent l’Irak, ils sont responsables de la sécurité de tous les Irakiens, et en premier lieu des minorités – je ne parle pas que des seuls chrétiens – mais ils ne font rien pour eux. Personne ne nous défend. » Seule, inlassablement, la voix de Benoît XVI s’élève – mais, c’est hélas le cas de le dire, dans le désert.

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