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Immigration : quand les langues se délient… en coulisse !

Voilà ce que déclarait Jean-François Khan hors antenne à l’issue d’une récente émission de télévision :

2 questions : Pourquoi ne l’a-t-il jamais dit publiquement dans les colonnes de son journal ? Maintenant qu’il l’a dit, quelles solutions préconise-t-il ?

Le fonctionnaire modèle.

Cet agent du Trésor qui a créé un professeur d’université fictif à qui elle a versé pendant quinze ans un traitement de 4 000 euros par mois ne mérite sûrement pas d’être félicité. Cependant son action a quelques mérites. Pendant quinze ans il s’est trouvé au moins un professeur heureux, régulièrement augmenté et du coup jamais malade et jamais en grève. Mobile, il a accepté sans sourciller une mutation de Saint–Denis à Marne–La–Vallée. Il ne se plaignait pas des amphithéâtres surchargés, de la vétusté des locaux et de l’insuffisance de moyen. Son enseignement n’aura perverti aucun élève à la différence de Socrate. En dehors de son salaire, il ne coûtait rien à l’Etat et par ses cotisations contribuait à financer les retraites. Et l’on pouvait compter sur lui pour prolonger son activité au-delà de l’âge légal si le besoin s’en était fait sentir. Quant au non renouvellement de son poste maintenant vacant, il ne soulèvera aucune protestation. Peut-être y a-t-il là une piste pour relancer le pouvoir d’achat. Chaque citoyen pourrait avoir son fonctionnaire fictif pour lui payer ses vacances et ses menus plaisir. A l’heure des avatars et autres créations virtuelles, notre agent du Trésor a agi en précurseur.

Bertrand Cantat, bientôt libéré ?

Bertrand Cantat sortira-t-il bientôt de prison ? Coupable du meurtre de l’actrice Marie Trintignant, le chanteur du groupe Noir Désir a été condamné à huit ans de réclusion criminelle le 29 mars 2004 par le tribunal de Vilnius, où s’est déroulé le drame. L’affaire avait ému la France entière : une femme battue (« de petite taille et menue », écrivent les juges lituaniens) qui meurt sous les coups assénés par son compagnon. « Deux allers-retours », a prétendu Cantat, mais « la cour est convaincue que la force des coups était très grande », précise le jugement. Il s’était pourtant trouvé des voix indignes pour s’émouvoir du sort de Bertrand Cantat : le chanteur appartenait à cette petite république d’“intellos” prônant la tolérance, mais stigmatisant tous ceux qui ne partagent pas leurs idées – ce qui crée des solidarités. Sa demande de libération conditionnelle sera examinée le mois prochain. Si le juge d’application des peines lui fait droit, Bertrand Cantat n’aura purgé que la moitié de sa peine, compte tenu de sa détention provisoire. Quatre ans seulement pour un meurtre. Une sanction divisée par deux sous prétexte que le détenu se conduit bien… C’est la coutume. Mais n’est-ce pas aussi le scandale ? A quoi bon prononcer une sanction si la société se résigne à ne pas l’exécuter ? Francis Évrard, le pédophile récidiviste, a été relâché, lui aussi, plusieurs années avant la fin de sa peine. N’est-il pas temps de réserver la libération conditionnelle aux détenus qui la méritent vraiment ?

Pas de vacances pour Margot

Il y a au moins une chose que nous apprend le tragique accident survenu au petit Ivan, ce fils d’immigré clandestin tombé du cinquième étage alors que son père tentait de fuir la police : c’est que Margot ne prend pas de vacances. La bonne vieille tactique consistant à exploiter l’émotion suscitée par un fait divers pour entamer la résolution de nos dirigeants ne connaît pas de trêve estivale. Soutenus comme à l’habitude par les partis de gauche (le parti communiste n’hésitant pas à employer le mot de "rafle"), les organisations de soutien aux clandestins (dont on espère au passage qu’au vu de leurs appels incessants à bafouer la légalité, elles ont subi depuis l’arrivée du nouveau gouvernement une salutaire "rupture" de leurs subventions publiques) n’ont pas manqué de l’exploiter pour sommer le gouvernement d’abandonner sa politique de lutte contre l’immigration clandestine. Brice Hortefeux a assuré de sa fermeté en la matière. On le croirait plus volontiers si les chiffres qu’il cite régulièrement ne témoignaient d’une singulière sous-estimation du phénomène : sait-on par exemple, que sur les 24 000 expulsions de clandestins dont le ministère se flatte pour 2006, pas moins de 16 000 ont concerné des Comoriens expulsés de Mayotte, ce qui ne laisse plus que… 8 000 expulsions effectuées en tout et pour tout sur le reste du territoire français ! Et on serait plus rassuré encore si le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale n’avait publié, dans Libération du 27 juillet, une tribune sur sa conception de l’identité nationale, conception qui a tous les signes extérieurs du courant d’air, comme en témoigne cet extrait : « L’identité se base avant tout sur ce que chacun souhaite apporter à son pays plus que ce dont il peut hériter. » Sur ce même blog, le 17 avril dernier, nous mettions en garde contre la conception sarkozyste de l’identité nationale, qui nous semblait avoir tout de l’auberge espagnole. Avions-nous tort ?

Immigration : le gouvernement ne doit pas reculer !

La très étrange déclaration de Brice Hortefeux expliquant qu’« il y a en France entre 200 000 et 400 000 étrangers clandestins » prépare-t-elle une « reculade » du gouvernement comme sur le service minimum ou le nombre de fonctionnaires non remplacés ? Ces chiffres sont sous-évalués. La preuve ? Il y a deux mois notre ambassadeur en Algérie reconnaissait que le nombre d’Algériens en situation irrégulière s’élève déjà à 350 000. A rajouter aux 250 000 à 450 000 chinois et 75 000 maliens clandestins recensés par le ministère de l’Intérieur il y a un an (période Sarkozy !). Et sans compter tous les autres… Bref, il y a aujourd’hui en France au moins dix fois plus d’immigrés clandestins que ne le dit Hortefeux ! Inquiétant de la part de celui qui est chargé de préparer, pour la rentrée, la loi sur la « maîtrise de l’immigration ». C’est sur celle-ci que l’on jugera si « l’ouverture à gauche » est tactique ou politique. Dans le second cas – que ne pardonneraient pas les électeurs de droite - gare au retour de bâton !

Un évêque catholique

A force d’entendre louer en Mgr Lustiger un homme de "tolérance", de "dialogue" et d’"échanges entre les cultures", on finirait par en oublier l’essentiel : qu’il fut, d’abord et surtout, un évêque catholique. Et attaché, avant tout, à faire partager sa foi, à lui donner les moyens de se faire entendre dans une société hostile ou indifférente. La chose peut sembler banale : Mgr Lustiger a accédé au siège épiscopal à une époque, hélas, où elle ne l’était pas. On a pu être agacé par le caractère, souvent abrupt, du cardinal, en désaccord avec telle ou telle de ses orientations théologiques ou pastorales, déboussolé par des postures politiques parfois hasardeuses, par la part qu’il a prise à une "repentance" bien dans un air du temps qu’il savait pourtant si bien prendre à rebrousse-poil quand il le voulait : nul ne pourrait dénier à l’ancien archevêque de Paris son zèle à faire connaître le Christ à ses contemporains, ni son ardeur à annoncer l’Evangile et à faire se lever une génération de prêtres aptes à le répandre dans le monde. Quand tant de ses confrères se résignaient à la fermeture ou à la destruction des églises dans leur diocèse, lui mettait son point d’honneur à en ouvrir – et s’il le pouvait, c’est qu’il s’était donné les moyens que celles qui existent déjà ne soient pas désertées. « C’était un homme qui ne baissait pas les bras », dit Gérard Leclerc, et Mgr Vingt-Trois note qu’il « a résisté avec persévérance au sentiment diffus selon lequel le christianisme allait mourir ». Si l’on ne devait retenir qu’une chose du cardinal Lustiger, ce pourrait être de nous avoir rappelé que Dieu vomit les tièdes.

Qui a oublié le RER B ?

Douze ans ans ont passé. Mais on ne peut oublier que le 25 juillet 1995 à 17 heures 30, une bombe explosait dans la ligne du RER B à la station Saint Michel, faisant huit mort et plus de cent cinquante blessés. Jacques Chirac avait été élu président de la République deux mois plus tôt. C’était sa première et la plus tragique épreuve. Le terrorisme frappait à nouveau et durement sur notre sol. Depuis, l’alerte et la vigilance n’ont pas cessé. Nos services de renseignement ont permis de déjouer de multiples tentatives d’attentats. Nous leur devons de considérer avec un certain détachement ce qui se passe chaque jour dans les rues de Bagdad ou d’Islamabad. Nous aurions tort de penser que cette guerre-là s’est éloignée de nous. Elle peut nous rattraper à tout moment. Que ferions-nous si les hommes de notre contingent de la Finul au sud Liban étaient victimes à leur tour d’engins explosifs déclenchés à distance ? Le long fil de toutes ces bombes remonte à celles posées dans les bars d’Alger, il y a cinquante ans, par les équipes féminines de Yacef Saadi. Voyez le film de Barbet Schröder sur « l’avocat de la terreur ».

Un été au beau fixe

Dans le baromètre TNS Sofrès du « Figaro magazine » qui mesure la cote de popularité des personnalités politiques, figure un Top Dix de celles et ceux qui ont le plus de notoriété et d’intérêt auprès du public. Parmi ces Dix (Sarkozy étant mesuré à part comme chef de l’Etat), figurent quatre personnalités de droite (Rachida Dati, Jean-Louis Borloo, François Fillon, et Michèle Alliot-Marie). Quatre sur dix. Sarkozy a rallié trois autres stars de ce Top Dix : Kouchner, Strauss-Kahn et Lang. Ne demeurent donc hors du cercle Sarkozy que Bayrou, Delanoë et Ségolène Royal. Trois sur dix…Le premier est exclu des grands débats de l’Assemblée et se morfond de ne plus avoir les caméras autour de lui, le second va être attaqué sur Paris et la troisième, qui perd des points à chaque enquête, se prépare à examiner – longuement – les causes de sa défaite. Elle a du temps devant elle. Elu avec 53% des voix, Sarkozy bénéficie d’une cote de confiance de 65% : douze points de plus. Certes, en matière d’opinion, tout est provisoire. Mais la note de conjoncture de l’association pour l’emploi des cadres s’intitule « Un été au beau fixe »…

Racines chrétiennes

Je peux le dire, c’est permis ! D’autres l’ont dit avant moi, qui ne sont pas vraiment de droite, ni précisément catholiques : l’Église a été le « ciment » de l’intégration des enfants d’immigrés arrivés en France au début du siècle dernier. Qui l’affirme ? Claude Allègre, dans son dernier livre, 10 + 1 questions sur l’école (Michalon). « La France a connu, au cours du siècle dernier, une immigration massive de Polonais qui venaient dans le Nord et dans l’Est pour y être mineurs, écrit l’ancien ministre de l’Éducation nationale. Au risque de heurter, je dirais qu’ils avaient avec le pays d’accueil un patrimoine commun : le catholicisme. Les prêtres ont joué un rôle très important dans l’intégration des enfants qui allaient au catéchisme et y recevaient un enseignement sur des bases communes aux petits Français, qu’on le veuille ou non. » Quelle audace ! On oserait presque en conclure que l’Europe a des racines chrétiennes (ne serait-ce pas le moment de le rappeler dans le “mini-traité” ?)… Mais Claude Allègre aggrave encore son cas en relevant que ce processus d’intégration s’est poursuivi pour les Italiens et les Espagnols, qui partagent avec les Français l’héritage gréco-latin chrétien, mais qu’il « ne joue pas aujourd’hui avec l’immigration d’origine maghrébine. Elle appartient à une culture fondamentalement différente de la nôtre ». A-t-il raison de l’écrire ?

Benoît XVI tacticien

L’avez-vous remarqué ? Alors que l’annonce, depuis plusieurs mois, de la publication par Benoît XVI d’un décret libéralisant l’usage de la messe de Saint-Pie V, dite abusivement "messe en latin", avait suscité des protestations véhémentes avant même que ses dispositions précises fussent connues, sa publication effective, ce samedi 7 juillet, a fait presque aussi peu de bruit qu’une lettre qui tombe au fond de la boîte. C’est qu’en l’occurrence, ce pape que les médias raillent volontiers pour sa "maladresse" et ses "bourdes" diplomatiques, s’est avéré, une nouvelle fois, très fin tacticien. C’est dès le printemps 2006 que Benoît XVI avait laissé filtrer son intention de publier ce texte, annonce qui avait suscité un déferlement médiatico-clérical : les médias annonçant qu’on tenait, enfin, la preuve que ce pape était un incurable réactionnaire, des évêques et des prêtres, en France surtout, rendant publique leur inquiétude quant à cette mesure qui leur semblait revenir sur les "acquis de Vatican II" - comme on parle d’"acquis sociaux". Rome laissa les loups se fatiguer la voix, puis on n’entendit plus parler de rien. De temps en temps, un proche de Benoît XVI faisait savoir qu’il n’avait pas renoncé à ce texte, qu’on y travaillait ; les protestations reprenaient, chaque fois un peu moins fortes. Les mois d’attente, qui servirent à préciser le texte et à y intégrer les préoccupations épiscopales, eurent aussi l’utilité de désarmer une critique qui finit par considérer ce texte comme acquis, avant même sa publication, et qui avait tiré, trop tôt, toutes ses cartouches. Et voilà pourquoi, quand le motu proprio sortit, votre fille fut – presque – muette. Pas mal joué, non ? Des gaffeurs et des maladroits comme ça, on en prendrait bien quelques-uns au gouvernement !

L’état des grâces

Y aura-t-il ou non comme chaque année pour le 14 juillet, une grâce présidentielle accordée aux détenus ? Le personnel pénitentiaire s’inquiète déjà (ou plutôt menace) d’un risque de surchauffe dans les prisons si Nicolas Sarkozy n’applique pas cette tradition. Pour avoir un premier élément de réponse, il fallait écouter François Fillon déclarer avant hier matin sur RMC Info : « En principe, le président de la République a dit non ». Et le Premier ministre d’ajouter : « ceci étant, c'est son pouvoir, c'est un pouvoir qu'il ne partage avec personne et donc c'est à lui d'y répondre». Pourtant à la mi juin, la garde des sceaux, Rachida Dati, affirmait sur Europe 1 qu’il y aurait bien une grâce présidentielle et que le décret était même en cours d’écriture. Bref, aujourd’hui, on n’est guère plus avancé… Si finalement une grâce est accordée, il faudra alors expliquer à beaucoup de gens en quoi un automobiliste – bien garé – mais qui a "oublié" de mettre un ticket de parcmètre derrière son pare-brise (et qui n’a malheureusement pas bénéficié d’une autre tradition présidentielle, l’amnistie des PV après élection) est plus dangereux qu’un détenu ayant commis un délit comme un vol avec violence, une destruction volontaire par incendie ou une escroquerie. A moins que le gouvernement ne considère chaque détenu libéré comme un automobiliste mal garé en puissance ! J’aurai plutôt tendance à le considérer comme un récidiviste en puissance. Pas vous ?

Giscard, le retour

« Ce que j’ai dit, je le ferai », a martelé Nicolas Sarkozy pendant la campagne. Et si, justement, c’était ça le problème ? Envoûtés par les envolées lyriques concoctées par Henri Guaino sur le thème de la nation, les électeurs n’ont guère prêté attention au fait que le futur président de la République ne cachait pas son intention de remettre en selle, sous un autre nom, la Constitution Giscard (la tactique, simple mais efficace, de l’évitement du nom semblant être l’une des favorites du nouveau Président). D’un côté, de belles pétitions de principe dont on ne lui demandera jamais compte tant elles sont vagues – l’identité française, la grandeur de la nation, le long manteau d’églises qui recouvre nos campagnes… –, de l’autre des mesures terriblement concrètes : les contradictions de la campagne électorale ne pouvaient guère être résolues que d’une seule manière. Le « traité simplifié » débouchera donc sur de nouveaux abaissements de la souveraineté nationale, avançant un peu plus sur la voie constamment rejetée par les peuples de la supranationalité (présidence stable, personnalité juridique de l’Union), mettant notre politique étrangère sous tutelle du futur ministre des relations extérieures de l’Union, étendant les matières (une quarantaine !) sur lesquelles la France ne pourra plus faire jouer son droit de veto… Quant au revirement des Polonais, il fournit la preuve involontaire que toute résistance au fédéralisme est vaine, puisque toute position qui ne va pas dans ce sens est stigmatisée comme un « blocage » : l’Europe ne saurait avancer que dans une direction unique, à marche forcée. Enfin, quoi qu’en pensent les frères Kaczynski, les réserves qu’ils ont fait ajouter en annexe sur la charte des droits fondamentaux ne devraient pas empêcher la très laxiste jurisprudence européenne de nous dicter sa loi sur l’homoparentalité, l’eugénisme ou le mariage homosexuel. Les électeurs souverainistes qui ont accordé leur confiance à Nicolas Sarkozy n’ont donc plus, désormais, que leurs yeux pour pleurer.

350 000 sans-papiers algériens

« L’ambassadeur de France à Alger le confirme : 350 000 sans-papiers algériens ». L’information est passée presque inaperçue en France, mais pas en Algérie. C’est le quotidien El Watan qui l’a publiée dans son édition du 11 juin. Ce “quotidien indépendant” rapporte les propos tenus par l’ambassadeur français, Bernard Bajolet, « lors d’une rencontre informelle avec la presse » : « Évoquant la question des sans-papiers, il a précisé qu’environ 350 000 Algériens vivent actuellement en situation irrégulière en France ». Si elle était confirmée, cette précision devrait faire l’effet d’une bombe, car les estimations officielles sont très éloignées de ces chiffres. Dans un rapport du Sénat publié l’an dernier, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, jugeait qu’il y avait « entre 200 000 et 400 000 » immigrés clandestins en tout dans notre pays. Mais si notre ambassadeur dit vrai (350 000 sans-papiers algériens), il y a fort à parier que le nombre total de clandestins est considérablement plus élevé : 500 000 ? 700 000 ? Plus encore ? Le gouvernement français « sera intraitable à l’égard des clandestins », assure M. Bajolet. En revanche, s’agissant de l’immigration régulière, le gouvernement français s’emploie à « fluidifier la circulation entre Alger et Paris », a-t-il ajouté. « Ces efforts, a-t-il mentionné, seront accompagnés par la délivrance de plus de visas à un certain nombre de professions. » Qui peut douter que l’immigration (clandestine ou pas) sera, pour des années encore, au cœur de bien des controverses ?

INDISPENSABLES PEINES PLANCHERS

Les syndicats de magistrat crient au scandale au motif que le gouvernement envisage d’inscrire dans le code pénal le principe de « peines planchers » pour les mineurs multirécidivistes. En pratique, il s’agira d’une peine minimale applicable à certains délinquants, sans possibilité pour le juge de descendre en dessous. Sera réputé multirécidiviste le délinquant ayant commis plus de trois infractions. Où est l’atteinte aux droits de l’homme ? Dans l’absence de latitude laissée aux juges pour juger de la gravité d’une infraction, plaident les magistrats opposés au projet. Mais cette latitude, dont ils disposent depuis si longtemps, qu’en ont fait les juges? Par exemple, ceci, emprunté à la chronique judiciaire récente : le tribunal correctionnel de Caen vient de condamner le 15 juin à quatre mois fermes une jeune femme de 27 ans sortie de prison vingt-quatre heures plus tôt, et déjà condamnée à dix-huit reprises pour violences, menaces et outrages ! L’avant-veille, celle-ci avait menacé de mort une surveillante de la maison d'arrêt de Caen puis elle s'en était pris à la voiture de cette dernière en brisant ces rétroviseurs. Si la jeune femme en question avait été lourdement condamnée la troisième fois, aurait continué ? Nul ne sait. Mais ce qu’on sait très bien en revanche, c’est ce que sa quasi impunité a produit.…

Immigration : l’inquiétant « dérapage » de Kouchner

Personne ne l’a remarqué et pourtant… Dans le discours qu’il a prononcé à Bamako (le 8 juin) Kouchner, à un moment, a cité Rocard – sauf (j’ai vérifié) qu’il n’a pas cité sa « vraie » phrase. Rocard avait dit : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part. » Revu par Kouchner cela donne : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre plus que les autres sa part. » Que signifie ce rajout « plus que les autres » ? Qu’en pense Sarkozy ? Et qu’en pensent les électeurs de droite, notamment les 30 % de lepénistes de 2002 qui ont voté pour lui ?

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