Notre Opinion

Sus aux déficits !

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Par Olivier Dassault

La crise économique fait éclater les critères de Maastricht. La chute des recettes fiscales et les plans de relance de l’économie ont porté notre déficit public de 3,4 % du PIB en 2008 à près de 8,2% en 2009,de 8,2% encore cette année. L’État et la sphère publique dépensent 16 500 euros par an et par habitant.Chaque Français est d’ores et déjà condamné à rembourser 23 000 euros d’emprunts d’État. La dette publique représentera bientôt un an de revenu moyen,100 % du PIB.D’où l’inquiétude grandissante des Français.

Ceux qui le peuvent épargnent de plus en plus pour assumer ce fardeau,pour se soigner plus tard et pour compléter une retraite par répartition qu’ils sentent menacée.Les entreprises redoutent aussi ce moment de vérité où il leur faudra payer davantage de cotisations sur les salaires pour combler les trous de la Sécurité sociale et encore plus d’impôts locaux pour financer l’explosion des dépenses des collectivités locales. Comment, dans cette perspective,consommer sans remords, investir pour moderniser son outil de production et rester compétitif à l’exportation ? Comment créer des emplois si les charges pesant sur les salaires sont appelées à augmenter ? Le pays peut-il encore longtemps,sans régresser, payer en intérêts à ses créanciers plus qu’il ne consacre à la recherche et à l’innovation ?

Nicolas Sarkozy a réuni la semaine dernière à l’Élysée une conférence sur le déficit. L’objectif était d’établir un diagnostic partagé de la situation de nos finances publiques pour tomber d’accord sur un remède par-delà les clivages politiques.Un consensus n’était pas impensable :depuis 1974,la France n’a jamais présenté un budget en excédent alors que se sont succédé autant de gouvernements de droite que de gauche. Il y va de l’intérêt de tous les partis qui aspirent à gouverner de recréer des marges de manoeuvre pour leur politique économique. En Allemagne, un accord a été trouvé pour rétablir l’équilibre des finances publiques.Pourtant,la gauche,qui dirige nos régions et nos départements,dont le taux de progression des dépenses est le plus élevé,n’a pas daigné se déranger.Martine Aubry, qui s’était un moment risquée à l’idée de reculer l’âge de la retraite, laissant espérer une réforme bipartisane, est revenue au dogme de la retraite à 60 ans sous la pression de ses “camarades”.Nicolas Sarkozy et la majorité qui le soutient devront donc prendre seuls la responsabilité de l’assainissement de nos finances publiques.

Il a fait un choix inhabituel en France.Plutôt que de créer de nouveaux impôts ou d’augmenter les impôts existants comme on le fait habituellement face à un problème, il préfère agir sur la dépense publique.À 55 % du PIB, plus de 1 000 milliards d’euros, c’est la plus élevée d’Europe. Mais l’État et les collectivités locales prélèvent en impôts et charges diverses 41% de la richesse nationale, l’un des taux les plus lourds du continent. Fidèle à sa politique de revalorisation du travail, le président de la République se refuse à une augmentation des prélèvements qui, loin de combler les déficits, découragerait l’effort et saperait la compétitivité du pays.

Sans s’interdire d’élargir l’assiette des impôts existants en revenant sur certaines niches fiscales,il faudra s’attaquer à la dépense. Pour ramener le déficit à 3% en 2013, comme la France s’y est engagée, il faut économiser au moins 50 milliards d’euros, estime Éric Woerth, le ministre du Budget. Cela suppose la poursuite de la réforme de l’État, en réduisant ses effectifs et le périmètre de ses interventions. Cela implique aussi une meilleure maîtrise des dépenses des régions qui se sont envolées sous la présidence des socialistes. La réforme des retraites annoncée pour cette année par Nicolas Sarkozy, de même que celle des hôpitaux,déjà engagée,doivent aussi être menées à bien.

Un tel train de réformes, alors que nous sommes à peine sortis de la récession, demande beaucoup de courage politique à défaut de consensus. Car si chacun est en principe d’accord pour réduire la dépense, chacun se rebelle quand il est directement touché.Consacrer les recettes gagnées par la croissance en priorité au remboursement de la dette suppose un effort prolongé auquel nous ne sommes guère habitués en démocratie.Au contraire, chaque fois qu’apparaît une “cagnotte fiscale”, chacun s’en dispute la redistribution.Pourtant, la politique antidette reste le meilleur antidote au chômage.Car tout euro soustrait à la sphère publique est autant de gagné pour l’investissement productif.

Reste que rétablir les équilibres budgétaires dépasse l’horizon du temps électoral.Lors de l’élection présidentielle de 2012, nous serons au milieu du gué. Mieux vaudrait que la gauche partage cette ambition pour nous éviter de nous noyer en chemin.

Photo © VA

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Commentaires

Courage

Ne comptons tout de même pas trop sur la gauche pour
accompagner le mouvement.
D'autant que le goût immodéré pour la dépense publique
touche aussi,parfois les hommes de droite,notamment dans leurs petits fiefs locaux. Voir par exemple certains maires U.M.P. qui, sitôt élus, s'empressent d'augmenter drastiquement les impôts.
Le chemin choisi est le plus difficile mais aussi le seul raisonnable. Nous ne pouvons pas continuer ainsi.
Seulement il va falloir beaucoup de courage et le courage en
politique est souvent synonyme de perte de voix.
Il nous reste, heureusement l'optimisme pour contrebalancer.
Espérons...

subventions

et il faudra peu être faire le tri des subventions données par les ministères, les collectivités locales à toute sorte d'associations qui ne servent à rien.
Il faudra aussi que la cour des comptes, et les chambres régionales aient les pouvoirs pour faire traduire en justice automatiquement en cas de délit, et que les cas de mauvaise gestion, argent dilapidé par incompétence, dépenses somptuaires, fassent l'objet d'une procédure publique..;
ras le bol de payer pour des incapables!

conneries

"Pourtant, la politique antidette reste le meilleur antidote au chômage.Car tout euro soustrait à la sphère publique est autant de gagné pour l’investissement productif." Oui et oui. C'est pas mal pour une fois de voir quelqu'un s'exprimer sans tomber dans des sophismes économiques démontés depuis Frédéric Bastiat. Par contre pour le coup "La sortie de la récession" : c'est une dépression, non une récession. Si récession il y avait nous serions en train d'enregistrer des taux de croissance dépassant allègrement les 3,5%. Or la croissance est non seulement anémique, mais en plus de ça la seule croissance qu'on mesure c'est celle dans les dépenses publiques. Enlevez les dépenses ponctuelles et non soutenables, vous obtiendrez une belle contraction. La sortie d'une dépression passe par une correction inévitable que les autorités font tout pour empêcher, ralentissant le processus de purge des mauvaises dettes et des mauvais investissements. Si ça continue c'est pas demain en gros. Quant aux deux derniers paragraphes (et ses "la France s'est engagée" blabla), no comment. Les sites tels que l'ifrap ou le cri du contribuable ont suffisamment bien dressé le bilan des nouvelles ponctions établies depuis le début du mandat de Sarkozy pour qu'il soit nécessaire d'y revenir, le constat est sans appel. Il y a 3 mois un emprunt de 35 milliards, aujourd'hui la réduction des déficits ? Arrêtez de me prendre pour un guignol. La maîtrise des dépenses des régions : vaste plaisanterie. Non pas qu'il n'y ait rien à redire, mais à coté de l'Etat les régions font figure de modèle et serait presque gérées de manière exemplaire. Ca n'est clairement pas là en priorité qu'il faut chercher le gras dans lequel tailler. Il n'y aura pas de politique en faveur d'une réduction des dépenses efficace. Trop peu vendeur politiquement et ça reviendrait à se tirer une balle dans le pied pour l'Etat dont vous semblez oublier que la principale fonction est de tondre le plus possible ses citoyens. Tout ce qu'on verra c'est des grands moulinets de bras, beaucoup de sueur et de brassage d'air, et du vent. La méthode à laquelle ce ce gouvernement nous avait habitués en somme. On fait le pari ?

POURQUOI LA DETTE VA VRAIMENT EXPLOSER ?

. 1) parce que l'Etat français n'est pas encore en faillite; 2) parce qu’l’Etat français n'a aucun mal à trouver des investisseurs lorsqu'il émet des emprunts , avec il est vrai le talent de Philippe Mills. Philippe Mills , c’est le DG de l'AFT (Agence France Trésor). Les Bons du Trésor, Philippe Mills sait que les marchés en rafollent. 3) parce que pour régler ses dettes il y a au moins 6 solutions : - la faillite civile : c’est pratique , c’est légale; un tribunal rassemble tous les créanciers ( d’où l’expression de "procédure collective") et on leur laisse entendre qu’il ne retrouveront pas vraiment leur argent; - le refus d’honorer certaines dettes en les contestant (non pas devant un Tribunal, mais carrément dans un Parlement : c’est ce que fait discrètement l’Islande actuellement); - le recours à l'inflation : la hausse des prix entraîne celle des recettes de l'Etat ( avec cette réserve qu'en France la dette est inedexée ...sur l'inflation ! ); - la suppression de certains services publics ( crèches, hôpitaux, écoles, casernes, tribunaux, DDE, trésoreries, etc...); - l'augmentation des emprunts - l'augmentation des impôts d'Etat et des impôts locaux. Il n'y a qu'à choisir Une chose est sure : la crise est devant nous!

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