Vu de gauche
Villepin
Par Olivier Duhamel, Essayiste, professeur à Sciences Po
Oublier Clearstream. Ce conseil a été donné de longue date au président de la République. Il aurait gagné à le suivre plus tôt. S’il s’était désisté de sa constitution de partie civile, s’il avait toujours refusé de commenter le procès, la relaxe accordée à Dominique de Villepin le 28 janvier aurait certes été perçue comme une victoire judiciaire pour lui, mais nettement moins comme une défaite politique pour Nicolas Sarkozy.
Ce dernier semble l’avoir un peu compris : il ne participera pas au procès en appel.Mais un peu seulement: le communiqué présidentiel évoque des attendus sévères pour son rival, l’UMP relaie, Claude Guéant confie sur BFM que le président de la République « estime que la vérité n’est pas complètement sortie de ce procès ». Comment s’étonner alors qu’une majorité de Français estime que le chef de l’État fait preuve d’acharnement à l’encontre de l’ancien premier ministre ?
Jusqu’à présent, toute attaque contre Villepin le renforce. Dans sa détermination à s’opposer à l’actuel président. Dans les soutiens qu’il recueille. Dans le sondage réalisé par BVA le lendemain de l’annonce de la relaxe, où presque un Français sur deux exprime le souhait qu’il se présente à la prochaine présidentielle. Une majorité des sympathisants de la gauche – antisarkozysme oblige. Mais aussi près de la moitié des sympathisants de la droite, ce qui est plus inquiétant pour Nicolas Sarkozy et ses amis.
Début d’une ascension, comme Giscard contre Chaban, comme Chirac contre Balladur? Ou marginalité sans suite, comme Michel Debré, comme Marie-France Garaud? À ce stade, un entre-deux, moins prometteur que les premiers, plus consistant que les seconds.
Photo © Patrick Iafrate
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